Clause d'earn-out en cession d'entreprise : mécanisme, calcul et prévention des litiges

Droit des Affaires
Publié le
22.04.2026
Temps de lecture
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Photo des différents mémento pratique juridique
Auteur de l'Article
Photo Portrait de Rémi Rieu, Avocat droit des sociétés, fusions-acquisitions et restructuration d'entreprise
Rémi Rieu
Avocat Associé
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Qu'est-ce que la clause d'earn-out ?

L'earn-out est un mécanisme d'ajustement du prix de cession par lequel une fraction du prix est versée au cédant après le closing, sous condition d'atteinte d'objectifs de performance définis contractuellement. Il est utilisé lorsqu'il existe un écart de valorisation entre cédant et acquéreur, notamment dans les cessions de sociétés à forte croissance ou en phase de transition managériale, en permettant d'indexer une partie du prix sur les performances futures réelles de l'entreprise.

Le choix de l'indicateur de performance

La sélection de l'indicateur est le point névralgique de la négociation et la principale source de litiges. Le chiffre d'affaires est simple à mesurer mais sensible aux décisions commerciales de l'acquéreur post-closing. L'EBITDA reflète mieux la rentabilité opérationnelle mais dépend des choix de présentation comptable. Le résultat net est exposé aux amortissements et charges exceptionnelles décidés par les nouvelles directions. Le SPA doit définir avec précision les règles comptables applicables et la méthode de calcul de l'indicateur retenu.

Durée et structure des paiements

La durée d'earn-out varie généralement de 1 à 3 ans après le closing. Elle peut être structurée en tranches annuelles ou en versement unique au terme de la période. Une durée courte réduit le risque de divergence d'intérêts entre cédant et acquéreur, mais peut inciter ce dernier à différer certains investissements. Une durée longue favorise la stabilité de la transition managériale mais complexifie le suivi et accroît l'exposition au contentieux.

Les clauses de protection du cédant

Sans clauses contractuelles protectrices, l'acquéreur peut légitimement prendre des décisions de gestion qui dégradent mécaniquement les indicateurs retenus. Les stipulations essentielles à négocier sont : une obligation de poursuivre l'activité dans des conditions normales d'exploitation (clause dite de business as usual), des restrictions sur les charges exceptionnelles imputables à la période earn-out, un droit d'accès aux informations financières, et un mécanisme d'expert indépendant pour trancher les désaccords sur le calcul sans recourir immédiatement au tribunal.

Prévenir le contentieux dès la rédaction du SPA

La prévention du litige se joue intégralement lors de la rédaction de l'acte. Trois points concentrent la quasi-totalité des différends : la définition précise de l'indicateur avec son mode de calcul, le traitement des éléments non récurrents (charges ou produits exceptionnels) susceptibles de distordre le résultat de la période, et les conséquences d'une acquisition réalisée par l'acquéreur pendant la période earn-out sur l'indicateur de référence. Un plafond clairement établi évite toute divergence sur le montant maximum exigible.

Ryckman & Associés accompagne cédants et acquéreurs dans la structuration et la négociation des clauses d'earn-out, ainsi que dans la résolution des litiges post-closing devant les juridictions commerciales.

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Photo de deux hommes d'affaires qui se serrent la main.